Il est de plus en plus fréquent d'entendre parler des séjours Au Pair, même si beaucoup se demandent encore de quoi il s'agit. Une jeune Au Pair part vivre et s'intégrer dans une famille pour une durée limitée, nourrie, logée, blanchie et payée en échange de services liés aux enfants.
En 2014, j'ai décidé de partir à l'autre bout du monde pour être moi-même Au Pair. J'avais peur. Et c'est pourtant l'expérience qui m'a le plus fait grandir.
✓ Vécu en 2014 - 2015

L'autre bout du monde
01Avec ou sans agence ?
Direction les États-Unis ? Passer par une agence est presque indispensable, sans être impossible à contourner — CulturalCare, Calvin Thomas, Au Pair in America en sont les plus réputées. Elles gèrent le billet aller-retour, le stage de formation de quatre jours à New York et l'assurance, et permettent d'obtenir le SEVIS, nécessaire pour le visa J-1. Sans agence, tous les frais sont à votre charge et le visa est plus difficile à décrocher.
Cap vers le reste du monde ? Pour l'Australie comme moi, la Nouvelle-Zélande ou l'Europe, agence ou départ libre sont tous deux possibles — Calvin Thomas et Oliver Twist proposent ce type de séjour, avec des frais d'agence qui s'ajoutent aux frais habituels.
Je suis partie sans agence, via Au Pair World, une plateforme gratuite qui met en relation familles et Au Pairs. Il m'a fallu contacter beaucoup de familles avant de trouver la bonne — cinq mois entre l'inscription et la date d'arrivée fixée. C'est un délai à anticiper : on ne trouve pas une famille en quinze jours, et c'est tant mieux.
02Les conditions
Elles varient selon la destination. Pour les États-Unis, il faut remplir les critères de l'agence ; sans agence, seuls comptent les éléments demandés pour le visa et par la famille.
✎ bonne nouvelle depuis mon départ — la limite d'âge du Working Holiday Visa australien est passée de 30 à 35 ans pour les ressortissants français et canadiens. Vous devez avoir déposé votre demande avant votre 36e anniversaire, mais vous pouvez arriver en Australie après. Les Belges restent limités à 30 ans, et les Suisses relèvent d'un autre visa, le subclass 462.
03Le rôle en tant qu'Au Pair
Vos missions varient selon les besoins de la famille d'accueil, mais reviennent généralement à :
Enfants
Emmener et récupérer les enfants à l'école, aux activités, au parc.
Quotidien des enfants
Aider à se préparer le matin et le soir, préparer le petit-déjeuner.
Maison
Préparer les repas, vider le lave-vaisselle, les tâches quotidiennes.
Babysitting
Quelques soirées.
✎ pour éviter les mauvaises surprises, définissez précisément vos tâches avec la famille dès les premiers échanges — et mettez-les par écrit. La frontière entre "aider avec les enfants" et "faire le ménage de toute la maison" se déplace vite si personne ne l'a posée.
04Démarches & documents
La liste ci-dessous n'est pas exhaustive et varie selon le pays :
✎ pour l'Australie — il faut pouvoir justifier d'environ 5 000 AUD, soit près de 3 000 €, sur son compte. C'est rarement vérifié, mais ça peut l'être à tout moment : au dépôt du dossier, à l'aéroport, ou pendant le séjour. Faites aussi des copies numériques de tous vos papiers avant de partir.
05Le coût
Très variable selon la destination, le passage ou non par une agence, et selon que vous avez déjà un passeport. Comme je suis partie en Australie en organisant seule mon voyage, voici le détail réel de mon expérience, en 2014 :
Passeport89 €
Visa WHV≈ 300 €
Assurance (Chapka, 2 versements)232 €
Billet d'avion (Etihad, réservé tardivement)987 €
Permis international2 timbres
Douze ans plus tard, l'ordre de grandeur a changé. Voici ce qu'il faut prévoir aujourd'hui :
Passeport86 €
Visa WHV subclass 417≈ 840 AUD, soit près de 510 €
Assurance santé et rapatriement, 1 an400 à 450 €
Billet d'avionà partir de 1 200 €
Fonds à justifier sur le compte5 000 AUD
✎ le tarif du visa australien est réévalué chaque 1er juillet et n'a fait que grimper : il a plus que doublé depuis mon départ. Vérifiez le montant du jour sur le site officiel du gouvernement australien, immi.homeaffairs.gov.au, et nulle part ailleurs.

Activités
06Avec le recul
Je vais être honnête : j'avais peur de partir. Peur de l'inconnu, peur de me retrouver seule à vingt-quatre heures d'avion de chez moi, peur de tomber sur la mauvaise famille. Ce sont exactement les peurs qui font hésiter, et qui font renoncer.
Avec le recul, c'est l'expérience qui m'a le plus fait grandir. Celle qui m'a donné confiance en moi, et sur laquelle je m'appuie encore aujourd'hui — y compris quand j'ai décidé, des années plus tard, de refaire ma vie dans un autre pays.
Ce que je dirais · à celle qui hésite
①
Avant de partir
- Réservez le billet d'avion le plus tôt possible — c'est le poste le plus cher, et il ne fait que grimper à mesure que la date approche
- Lancez toutes les démarches en amont : visa, permis international, casier judiciaire. L'administration prend du temps, et elle n'attend pas
②
Choisir sa famille
- Ne vous précipitez pas sur la première famille, même si l'envie de partir est forte
- Prenez le temps d'échanger, et surtout de vous voir en visio plusieurs fois avant de vous engager
- C'est le point le plus important de toute la préparation : vous allez vivre chez ces gens
③
Une fois sur place
- Foncez, et vivez l'expérience à fond
- Une fois que c'est fini, c'est fini — on ne rejoue pas cette année-là
- La peur passe. Les regrets, non
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